Nov
24
2009

il faut qu’on s’organise !

Entrer dans Pyxis est une expérience singulière, qui amène à se poser beaucoup de questions… sur soi.

A mon arrivée, je me voyais comme un mec cool, autonome, qui n’avait certainement pas besoin d’un chef, et pas non plus besoin de contrôler le travail de ses collègues. Et puis, au bout de quelques semaines, j’ai commencé à en douter …

Ça a commencé par une question :

J’hésite entre concevoir une formation originale, ou aller à la rencontre de prospects… je fais quoi ?

Et puis j’en suis venu à me poser, assez fréquemment, des questions du même genre :

Puis-je m’investir dans des activités rémunératrices à long terme , ou dois-je me consacrer en priorité à des activités rémunératrices à court terme ?

Le problème, c’est que c’est fois-ci, je n’avais pas de chef à qui poser la question. Et quand je la posais autour de moi, on me la retournait : “Qu’est-ce que t’en penses, toi ?”

C’est là que mes pensées se sont emballées :

Personne ne me donne de réponse … peut être que tout le monde se la pose ???
J’ai bien envie d’investir mon temps dans une nouvelle formation… mais si tout le monde fait comme moi, qu’est-ce qui va payer nos salaires à la fin du mois ?
D’ailleurs, s’il n’y a pas un capitaine à la barre … qu’est-ce qui garantie qu’on ne va pas échouer un récif ?
smiley_peur Eh, les gars, là, il faut qu’on s’organise !!!!

Plutôt que de paniquer, j’ai proposé une session de travail sur la stratégie, lors d’une réunion en forum ouvert. Je souhaitais que tous participent à cette session, qu’on s’accorde sur une stratégie, et qu’on la suive. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé, et j’en suis sorti frustré : Le sujet n’a attiré que le tiers d’entre nous, ce qui veut dire qu’à priori, la stratégie issue de notre travail n’aurait suivie que par le tiers d’entre nous.

A postériori, je réalise que ce désir de stratégie commune ne traduisait rien d’autre qu’un besoin de contrôle. Contrôle des actions de mes pairs pour assurer que nous n’allions pas échouer sur un récif.  Imaginez le choc : moi, un control freak ? Se peut-il qu’auparavant, si je ne n’éprouvais pas le besoin de contrôler, c’était uniquement parce que un chef (dont je ne voulais pourtant pas) l’exerçait à ma place ???

Depuis, j’ai appris à vivre avec ces questions, et j’ai pu réévaluer ma position sur la nécessité (ou non) de contrôle. J’ai également compris que ces doutes venaient avec la contrepartie de ma liberté nouvellement acquise : la responsabilité.

Avec le recul, je regarde cette phase de turbulence comme faisant partie du processus d’intégration à Pyxis. Les résistances que j’avais l’habitude de trouver autour de moi, je les ai finalement perçues … en moi.

Voici une représentation du phénomène, orienté sur l’axe “besoin de contrôle” :

cultures_controlantes

la montagne bleue : la culture de mon environnement d’origine (représentée par une distribution des individus selon leur comportement sur l’axe contrôlant / non contrôlant).
la montagne rouge : la culture de Pyxis.

Avant mon arrivée à Pyxis, je me situais nettement sur le flanc “non contrôlant” de la montage bleue … d’où mon attirance pour la montagne rouge. Mais aurais-je pu prédire, après ces quelques turbulences, sur quel flanc de la montagne rouge j’allais m’installer ?

turbulences interculturelles

Et vous ?

Written by in: Uncategorized |

8 Comments »

  • Martin says:

    Très bon post Raphaël. Une question avec laquelle je jongle depuis quelques temps – où s’arrête le contrôle perçu et où commence l’anarchie?

    On peut convenir que les positions extrêmes sont rarement adéquates mais où est le point idéal?

  • Sébastien Douche says:

    Hello Raphael 🙂
    cela me rappelle une discussion que nous avions eu dans le métro. Mais ne mélanges-tu pas 2 concepts ?

    1. le besoin de contrôle
    2. l’organisation / l’équipe avec des objectifs communs

    Le 2/ peut avoir besoin du 1/ (son recours est selon moi inversement proportionnel à la maturité de l’équipe), mais ce n’est pas une obligation, ni un devoir, mais uniquement un “outil”. Je suis donc étonné que tu mettes ces 2 choses sur le même plan.

    Le fait que seulement 1/3 de la boite s’intéresse à ce que tu fais me laisse penser aux dysfonctionnements 3 & 4 (lack of commitment & avoidance of accountability) en tant qu’équipe (cf 5 dysfunctions of the team).

  • raphael says:

    Salut Martin,

    Tu as écrit :

    On peut convenir que les positions extrêmes sont rarement adéquates mais où est le point idéal?

    Je crois que je me pose la même question … et je n’ai pas encore la réponse !

    Vivre Pyxis est pour moi le meilleur moyen d’explorer les réponses possibles. Et je suis conscient que la réponse que je trouverai à Pyxis conviendra dans le contexte de Pyxis, mais pas nécessairement ailleurs.

  • raphael says:

    Salut Sébastien, c’est chouette de de te voir ici 🙂

    Tu as écrit :

    Mais ne mélanges-tu pas 2 concepts ?

    Je faisais un amalgame, aujourd’hui, j’en suis certain.

    Le fait que seulement 1/3 de la boite s’intéresse à ce que tu fais me laisse penser aux dysfonctionnements 3 & 4 (lack of commitment & avoidance of accountability) en tant qu’équipe (cf 5 dysfunctions of the team).

    C’est peut-être ça (ce qui serai une bonne nouvelle, car nous aurions dépassé les dysfonctionnements 1 & 2 du modèle de Lencioni). 😀

    Il y a d’autres interprétations possibles, comme par exemple :
    * mes collègues n’avaient pas la même conception de la stratégie que moi ;
    * mes collègues ne ressentaient pas le besoin de travailler sur la stratégie, car la stratégie existante leur suffisait ;
    * mes collègues travaillaient sur la stratégie, et je ne l’avais pas compris.

    NB: ce ne sont que des exemples d’interprétations possibles, et elles ne sont pas mutuellement exclusives.

  • […] Cela à des implications fortes notamment la responsabilité que cela amène à porter par chacun, Raphaël en parle dans son billet “Il faut qu’on s’organise“. […]

  • Hello Rapahël,

    J’ai beaucoup apprécié ce billet, et j’y pense parfois lorsque certaines circonstances liées à l’organisation se posent à moi.

    A l’époque, tu semblais indiquer que la démarche que tu avais entreprise n’était pas en adéquation avec le contexte dans laquelle tu te trouvais. Il y a une question qui m’a taraudé et que je te soumets à présent: telle que tu l’avais décrite, l’inadéquation au contexte semblait provenir essentiellement du lieu où tu te trouvais (l’entreprise Pyxis). Avec le recul, est-ce seulement le lieu qui était déterminant?

    Ou bien la même démarche, dans le même lieu, mais à un autre moment, aurait-elle pu avoir un autre résultat?

  • raphael says:

    Bonjour Xavier,

    Ravi de te lire ici 🙂

    Je ne suis pas certain de comprendre ta question.
    Quand tu dis “à l’époque”, est-ce que tu parle de l’époque où j’ai écrit ce billet ? Et de quelle “démarche” désignes tu ?

  • raphael says:

    EDIT : Ne sachant plus si j’ai écrit cet article en pensant au groupe Pyxis Tehnologies Inc., où à /ut7, qui était alors sa filiale française. C’est pourquoi je n’ai pas changé le nom de l’article.

RSS feed for comments on this post. TrackBack URL


Leave a Reply

© 2009 - Raphaël Pierquin