Nov
04
2009

gouverner avec les pieds : comment ça marche ?

J’ai participé à l’open space sur les open space, qui a eu lieu à Paris, la semaine dernière. J’ai eu l’occasion d’évoquer l’utilisation de la loi des 2 pieds comme principe fondamental dans une entreprise. Mon discours à suscité une grande curiosité, mêlée de scepticisme Voilà qui me donne envie de détailler ce qu’implique ce principe, au jour le jour, chez /ut7.

Arriver à Pyxis est une expérience à la fois agréable et déstabilisante. Personne pour te dire ce que tu dois faire. Par contre, c’est la même question qui est posée par tous : “qu’est-ce que tu as envie de faire ?”

Moi, j’ai aimé ça tout de suite, et je m’y suis mis. Depuis, j’ai compris quelques implications directes. Voilà ce que j’explique aux nouveaux arrivants :

Dans la vie, et au boulot en particulier, si tu veux voir une  idée se concrétiser, c’est à toi de trouver les ressources nécessaires à sa réalisation. Quand seules  ton énergie et tes compétences  suffisent, c’est facile. Mais si la réalisation dépend d’autres que toi, alors ça se complique.

Dans les environnements professionnels que j’ai connus, ce problème peut se régler d’au moins 2 manières :

  • pour un “chef”, employer les ressources de ses subordonnés ;
  • pour un individu (chef où pas), convaincre son propre chef, d’engager les ressources dont il dispose.

A Pyxis France, la dernière option est découragée car :

  • il y a peu de “chefs”, c’est à dire des gens disposant d’une autorité statutaire ;
  • les “chefs” (il y en a, puisque la loi nous y oblige) refusent d’exercer leur autorité comme ailleurs (voir The Right Use Of Power)

Le seul moyen accepté, c’est d’en parler aux individus autour de soi, qui pourront décider, en adultes libres responsables, de contribuer activement à la mise en œuvre de cette idée.

C’est ce que j’ai formulé par le principe suivant :

Une idée n’est bonne que si elle enthousiasme suffisamment pour mobiliser l’énergie nécessaire à sa réalisation.

Notez que cette condition est nécessaire, pas suffisante.  Ce principe n’a pas valeur universelle, mais c’est bon à savoir quand on met les pieds à ut7.

Ce principe encourage l’émergence de projets  constructifs, et décourage également les plaintes stériles : si un problème se présente, inutile d’en parler et de suggérer des solutions, à moins d’être prêt à agir pour changer les choses. Ainsi les “on devrait faire X“, “il faut faire Y” sont sans effet. Ce qui marche, c’est “pour changer cela, je vais faire Z“, éventuellement agrémenté de “est-ce que quelqu’un veut bien m’aider ?“.

Ce n’est pas tout. Au delà de l’impact au niveau individuel, ce principe à une conséquence significative à l’échelle collective :

Par exemple, à Pyxis France, nous nous retrouvons tous en un même lieu, une fois par mois. Le format par défaut de nos retrouvailles est le forum ouvert. Pendant ces retrouvailles, chaque sujet proposé rassemble les individus qu’il passionne, des décisions sont prises, et elles n’engagent que ceux qui les prennent.

Ainsi, une décision ne sera suivie par l’ensemble de /ut7 que si elle est prise à l’unanimité. Ce qui suppose, qu’au préalable, l’objet de la décision a suscité suffisamment d’intérêt  pour nous rassembler tous.

Aujourd’hui, ce principe constitue à lui seul la partie formalisée de notre système de gouvernance. Dans son état actuel, nous l’avons baptisée l’open pyxis. En complément, je suppose que d’autres processus de décisions sont en œuvre, mais ils n’ont pas encore été explicités.

En tant que système de gouvernance, l’open pyxis s’avère souvent très efficace : de nombreuses décisions ont prises rapidement, et mises en action immédiatement.

Mais l’open pyxis présente des  limites, particulièrement  douloureuses quand il s’agit de réguler les externalités générées par notre propre système. Notamment, il ne permet pas de répondre rapidement à des questions telles que :

Comment décider d’un investissement financier ?

Recrutement : stop ou encore ?

Et c’est en rencontrant ces décisions difficiles que nous découvrons progressivement quoi ajouter à la loi des 2 pieds pour constituer un système de gouvernance complet.

Enfin, la loi des 2 pieds ne répond pas à une question terrifiante, qui se pose instantanément à tout individu arrivant à /ut7 :

Comment croire que la somme des activités décidées individuellement générera durablement assez de revenus pour financer les salaires de chacun ?

Sérieusement, ça demande une sacrée confiance … non ?

Written by raphael in: Uncategorized |

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